EURO 08 : POURQUOI LES RUSSES SONT DE RETOUR

Au buffet de la Gare de Sainte-Croix, ce samedi soir de quart de finale, les préférences sont bien partagées. Les « pro-Hollandais » ont enfilé leur maillot orange, les autres sont venus sans drapeau ni trompettes, mais quand le ballon fait trembler pour la première fois les filets hollandais, les rugissements et les cris de joie qui éclatent ne laissent plus aucun doute : une moitié de la salle a le cœur qui bat pour l'équipe de Russie.

Au buffet de la Gare de Sainte-Croix, ce samedi soir de quart de finale, les préférences sont bien partagées. Les « pro-Hollandais » ont enfilé leur maillot orange, les autres sont venus sans drapeau ni trompettes, mais quand le ballon fait trembler pour la première fois les filets hollandais, les rugissements et les cris de joie qui éclatent ne laissent plus aucun doute : une moitié de la salle a le cœur qui bat pour l'équipe de Russie.

En soi, le fait pourrait paraître banal. Mais pour les Russes, c'est une vraie surprise et une nouveauté : leurs équipes peuvent à nouveau jouer sans subir l'hostilité qui les a si longtemps accompagnés. Dans cet Euro ils peuvent même espérer endosser le rôle sympathique du challenger. Le réflexe anti-russe n'est plus une malédiction.

La Russie a à nouveau le droit de gagner et elle ne s'en prive pas. La voici accédant aux demi-finales de l'Euro. Il y a quelques semaines seulement, elle triomphait au Canada et remportait, après une parenthèse d'une bonne quinzaine d'années le titre de champion du monde de hockey sur glace. Sans parler du Grand Prix de l'Eurovision de la chanson obtenu plus récemment encore à Belgrade et des incessants succès des stars du tennis russe sur les courts du monde entier.

Pobieda ! Victoire ! Après quelque vingt ans d'absence sur la scène sportive internationale, ce retour triomphal coïncide avec les succès économiques et l'autorité politique retrouvée. Pour ce pays humilié et déprimé lors des années d'après-guerre froide, chaque victoire sonne comme le symbole de la confiance restaurée, le signe qu'il regagne sa place parmi les grandes nations. « Russie, je crois en toi ! » peut-on lire sur maillot des supporters de l'équipe nationale. Qui aurait osé porter ce slogan  pendant les terribles années 1990, cette décennie de cauchemar pendant laquelle les Russes ont vu tout s'effondrer autour d'eux : leur empire, leur économie, leur épargne, leur espérance de vie, leur patrimoine scientifique et technique, l'ordre social le plus élémentaire, les certitudes et, avec elles, leurs espoirs  personnels et collectifs ?

Les raisons de croire sont désormais au rendez-vous. La Russie a un moral  à tout casser. Grâce à l'explosion du prix de l'énergie, la croissance est forte et constante, la pauvreté recule, les entreprises russes s'installent parmi les plus puissantes du monde et, plus important peut-être encore, le pays a renoué avec sa dignité sur la scène internationale. Le bilan est sans doute un peu sommaire mais il suffit pour chanter « Ros-si-ya Vpieriod ! », «Russie en avant ! », chaque fois que l'équipe nationale franchit la ligne médiane dans les stades d'Autriche et de Suisse.

A Bâle, sans doute un peu surpris eux-mêmes d'être parvenus aussi loin dans la compétition, les supporters russes étaient en moindre nombre. Mais à Salzburg et à Innsbruck, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à occuper les gradins et brandir leurs drapeaux. Une vague blanche-bleue-rouge (couleurs, ironie de l'histoire, empruntées il y a trois siècles par le tsar Pierre le Grand aux Hollandais qu'il admirait) avait envahi les rues sous l'allure d'une foule bonhomme, passionnée mais pacifique se mêlant aux supporters adverses. Fiers d'être russes ! Ce n'étaient pas là les oligarques de Chelsea, de Chypre ou de Malaga, encore moins les fonctionnaires soviétiques aux tristes cravates enrôlés pour venir prendre place dans les tribunes, mais des familles enthousiastes issues de cette classe moyenne émergente, des groupes d'amis venus par milliers en bus, en train ou en charters. La Russie fait enfin son retour dans cette Europe si longtemps inaccessible.

Cette capacité nouvelle à s'afficher au naturel et à conquérir la sympathie est sa deuxième victoire. Ce qui fait gagner la Russie somme toute, c'est son jeu offensif, audacieux, décomplexé et résolument optimiste. C'est le sourire et les gestes débonnaires de l'avant-centre Pavliushenko après chaque occasion manquée, ce petit signe de la main à ses partenaires, « on fera mieux la prochaine fois ». Cette Russie-là a largué derrière elle les images militaires, la discipline de fer et les automatismes collectifs du Club de l'Armée Rouge, le symbole du bloc d'acier emmené par un entraîneur tyrannique au visage sans expression. L'équipe nationale russe est emmenée par un coach étranger, mesure-t-on le symbole ?  Elle affirme son talent, son plaisir de jouer, ses individualités en parfaite bonne foi. On la sent légère et débarrassée des arrière-pensées du passé, légitimement fière de ce qu'elle est redevenue. Peu importe désormais jusqu'où elle ira, elle a déjà conquis l'essentiel.

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